Ce vendredi 25 septembre, la Région va liquider son expérimentation de vélos hydrogène. Un investissement de 1,5 million d’euros pour une vente aux enchères dont le prix reste à déterminer, aboutissement de six ans de déploiement sans utilité vérifiée.
En juillet 2020, la Région adoptait en grande pompe sa feuille de route hydrogène comprenant, entre autres l’objectif de 10 stations de recharge et 100 vélos à hydrogène déployés sur le territoire. Le but : faire d’Auvergne-Rhône-Alpes « la première région hydrogène d’Europe ». Les vélos incarnaient l’innovation territoriale, la transition énergétique rendue tangible.
Cependant, dès les prémices, l’affaire semblait mal embarquée. En effet, quatre territoires seulement ont accueilli l’expérimentation : Vichy Communauté, Brides-les-Bains, Grand Lac Aix-les-Bains et le Plateau d’Hauteville, chacun pour un coût de plus de 350 000€ destinés à une station de recharge et 10 vélos, sauf pour Vichy qui a décidé de remettre de couvert en 2022 en commandant 10 vélos supplémentaires pour 100 000€.
Dès lors, entre cette euphorie d’hier et l’aveu d’échec d’aujourd’hui, que s’est-il passé ? Dans la délibération actant la vente, la Région parle pudiquement de « dysfonctionnements multiples » et de « coûts de maintenance élevés ». La réalité c’est surtout qu’aucune collectivité n’a souhaité reconduire l’expérience.
Ainsi, cet équipement jugé « très attractif pour le tourisme local » il y a seulement quatre ans fait sa sortie par la petite porte aujourd’hui.
Pour Jean-François DEBAT, Conseiller régional, cette annonce n’est pas une surprise : « dès 2020 nous avions contesté la pertinence d’un tel dispositif au regard du coût prohibitif de cette technologie. On savait déjà qu’elle ne pourrait fonctionner que sur de gros moteurs poids lourds – avec des aléas techniques et financiers qui ne sont pas levés. C’est nous qui avions raison. C’est un produit cosmétique, séduisant sur le papier et surement très photographiable, mais totalement décorrélé des réalités. La Région a gaspillé 1,5 M€ dans cette lubie de com’ ».