Groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate

La Région a adopté une position sur le budget européen post-2027. Dans un contexte marqué par des défis agricoles, climatiques et sociaux de plus en plus pressants, il est utile qu’une collectivité territoriale s’exprime sur les futures orientations de la politique de cohésion européenne. Et sur plusieurs points, il est possible de trouver des convergences.

Oui, les territoires doivent avoir plus de marge de manœuvre.
Oui, il est indispensable de simplifier l’accès aux financements européens : réduire les délais, alléger les procédures, rapprocher les fonds des porteurs de projets.
Oui, les Régions ont toute leur place dans ce travail de déploiement plus rapide et plus adapté aux réalités locales.

Les besoins varient considérablement d’un territoire à l’autre, même au sein d’une même région. La politique agricole commune (PAC) ne peut pas traiter de la même manière les coteaux viticoles de Tain-l’Hermitage et les alpages producteurs de Beaufort. Une gouvernance plus locale, plus fine, est donc légitime.

Mais cette territorialisation ne doit pas servir à détricoter les exigences européennes communes, notamment en matière d’écologie et de santé publique.

 

Non à une simplification qui détruit les garde-fous

C’est là que se situe un désaccord de fond. Car certaines propositions, sous couvert de simplification ou de pragmatisme, pourraient permettre de contourner les règles européennes environnementales et sanitaires.

La suppression des interdictions sur les néonicotinoïdes ?
Un affaiblissement des objectifs de Zéro artificialisation nette ?
La remise en cause du Pacte vert européen dans le cadre de la future PAC ?

Ce n’est pas une simplification, c’est un recul.

Nous ne croyons pas à une efficacité construite sur le renoncement. Une PAC modernisée, oui. Mais elle doit viser à :

  • Mieux soutenir les jeunes agriculteurs,

  • Renforcer la résilience des exploitations,

  • Favoriser une vraie transition agroécologique.

Cela suppose d’investir dans l’innovation, la formation, l’ingénierie territoriale, et non de relâcher les normes collectivement construites au niveau européen.

Pour une Europe des territoires… dans un cadre commun

Une Europe des territoires ne peut fonctionner sans cadre commun protecteur. C’est ce qui garantit l’équité entre les États membres, la sécurité pour les consommateurs, et la lisibilité pour les agriculteurs qui s’engagent dans la transition.

Faire des Régions des actrices de la transformation, oui. En faire des points de friction au sein d’une Europe déjà fragilisée, non.

La réforme budgétaire européenne post-2027 doit être une opportunité pour restaurer la confiance entre l’Union, les États et les territoires. Elle ne doit pas devenir le prétexte à un retour en arrière.

C’est pourquoi nous resterons vigilants sur les intentions, mais aussi sur les traductions concrètes de cette orientation régionale. Nous continuerons à défendre une PAC plus verte, plus juste, plus ambitieuse. Une politique agricole qui protège à la fois notre santé, nos ressources naturelles, et le travail des agriculteurs.