Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’acte survenu le dimanche 19 avril à Espaly-Saint-Marcel en Haute-Loire, où un homme de 65 ans a tiré à la carabine à plomb sur un groupe d’enfants tout en proférant des insultes à caractère raciste. Nous exprimons notre entière solidarité avec les victimes et leurs familles, et demandons que la justice reconnaisse pleinement le caractère raciste de cette agression. Il ne s’agit pas d’un simple fait divers mais d’un acte de haine, avec l’intention de blesser des enfants en raison de leur origine.
Cet acte s’inscrit dans un climat de normalisation progressive des discours racistes et des idées d’extrême droite. Cette banalisation a des effets concrets : elle décomplexe des comportements et des paroles qui auraient été unanimement condamnés il y a encore peu. Quand la haine cesse d’être taboue, elle finit par se traduire en actes.
Nous ne pouvons pas feindre la surprise face à de tels événements tout en laissant prospérer les conditions qui les rendent possibles. Si l’acte est individuel, la responsabilité est collective. Elle engage celles et ceux qui, par leurs mots contribuent à rendre l’extrême droite fréquentable et ses idées banales. Chaque concession faite aux discours de haine, même sous couvert de pragmatisme ou de liberté d’expression, participe de ce glissement.
Des actes comme celui d’Espaly-Saint-Marcel risquent de devenir de plus en plus fréquents si ce climat continue de s’installer. Nous demandons que la justice soit rendue, et appelons à une prise de conscience collective. Il est urgent de cesser toute complaisance avec les discours de haine, avant que leurs conséquences ne deviennent encore plus dramatiques.
Jean-Baptiste Baud, Souhila Boudali-Khedim, Christophe Bouvier, François Chemin, Yann Crombecque, Jean-François Debat, Stéphane Gemmani, Coraline Saurat