Groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate

Un soutien financier supplémentaire vient renforcer l’agriculture régionale, dans un contexte où les exploitants agricoles peinent encore trop souvent à vivre dignement de leur travail. Diversifier les productions améliore certes les revenus, mais les défis structurels restent nombreux. Les lois Egalim, censées garantir un partage plus équitable de la valeur entre producteurs et distributeurs, ont échoué. La grande distribution continue de capter l’essentiel des marges, laissant les agriculteurs dans une situation économique précaire. Un rééquilibrage devient urgent.

Dans ce contexte, renforcer la souveraineté alimentaire s’impose comme une priorité. Mais cet objectif ne peut s’opposer aux impératifs environnementaux. Les agriculteurs, en première ligne face aux effets du changement climatique, savent combien la préservation des sols, de la biodiversité et des écosystèmes est indispensable pour garantir la pérennité de leurs exploitations. Une production durable ne pourra se construire qu’en conciliant sécurité alimentaire et transition écologique.

Or, la politique agricole régionale actuelle reste focalisée sur la compétitivité des grandes filières agroalimentaires. L’agriculture biologique, les circuits courts et les petites exploitations, notamment en zone de montagne, demeurent largement en marge des aides publiques. Parmi les priorités affichées, aucune mention n’est faite de la transition agroécologique, pourtant essentielle. Ce choix stratégique laisse de côté des acteurs-clés de la résilience alimentaire et du dynamisme rural.

Une transition plus ambitieuse est indispensable. Il faut réduire l’usage des intrants chimiques, soutenir les pratiques agricoles respectueuses des sols, et encourager une agriculture locale, accessible et durable. Les aides à l’investissement, tout comme l’accompagnement des nouveaux exploitants, doivent s’inscrire dans cette logique. La souveraineté alimentaire et la protection de l’environnement ne sont pas incompatibles, elles sont interdépendantes.

L’avenir du secteur agricole repose sur un changement de modèle. D’ici dix ans, la moitié des agriculteurs partiront à la retraite. Pour assurer le renouvellement des générations, il faut garantir des revenus stables, une reconnaissance du métier, et la viabilité économique des exploitations. C’est en misant sur la qualité, la durabilité et la justice sociale que l’on construira une agriculture française forte, résiliente et à la hauteur des attentes de la société.