Depuis plusieurs mois, nous ne comptons plus le nombre d’acteurs régionaux, de tous bords politiques, qui nous font savoir que les financements régionaux n’arrivent plus. Et ce ne sont plus seulement les communes, les associations ou les acteurs culturels qui le dénoncent, ce sont désormais les tribunaux administratifs qui le constatent et qui condamnent la Région à verser des subventions pourtant votées.
Ainsi, depuis la rentrée, notre institution a été condamnée à payer 76 000 euros au Centre culturel œcuménique Jean-Pierre Lachaize et 200 000 euros à La Rayonne, à verser 3,34 millions d’euros à la ville de Saint-Fons pour la construction d’un complexe sportif prévue dans le cadre du Plan État-Région 2015-2020, à indemniser à hauteur de 2,4 millions d’euros la ville de Givors pour un plan de rénovation du quartier populaire des Vernes, et à verser 149 000 euros au Théâtre Nouvelle Génération de Lyon, subvention qui avait été intégralement retirée du fait des propos critiques de son directeur sur la politique culturelle de notre collectivité.
Dans chacun de ces dossiers, la justice a rappelé un principe fondamental : la Région ne peut s’affranchir de ses engagements, encore moins lorsque les conventions sont signées, les projets engagés et parfois les travaux lancés. Ces condamnations successives révèlent une gestion budgétaire problématique et un manque de respect inquiétant pour les partenaires de la collectivité.
Des conséquences lourdes pour les territoires
Dans les territoires, les conséquences de cette gestion sont lourdes. Des associations se retrouvent fragilisées du jour au lendemain, contraintes de faire des avances de trésorerie qu’elles ne peuvent pas toujours assumer. Des communes voient des projets ralentis ou menacés, obligées de repousser des investissements pourtant nécessaires pour leurs habitants. Des acteurs culturels travaillent désormais dans l’incertitude permanente, ne sachant plus s’ils peuvent compter sur les engagements pris par la Région.
Cette imprévisibilité affaiblit la confiance entre la Région et ses partenaires, désorganise les budgets locaux qui avaient intégré ces financements dans leurs prévisions, et nuit profondément à la crédibilité de l’action régionale. Comment peut-on construire des projets de territoire solides quand on ne sait plus si la parole donnée sera tenue ?
Le cas du Théâtre Nouvelle Génération est particulièrement symptomatique d’une dérive inquiétante : retirer une subvention votée parce que le directeur d’une structure culturelle ose critiquer la politique régionale, c’est une atteinte grave à la liberté d’expression et à l’indépendance du secteur culturel. Heureusement, la justice a remis les choses à leur place.
Une contradiction majeure dans la communication régionale
Monsieur le Président, notre collectivité ne peut simultanément se présenter comme « la mieux gérée de France » et accumuler les retards ou les suppressions de financements, au point d’être rappelée à l’ordre par la justice. Cette contradiction est de plus en plus flagrante et de moins en moins acceptable pour les acteurs de terrain qui subissent au quotidien les conséquences de cette gestion.
Dans une période où nos communes, nos lycées, nos associations ont besoin de sécurité, de visibilité et de stabilité pour mener à bien leurs projets, la Région doit montrer l’exemple et cesser les annonces non suivies d’effet. Un engagement voté doit être un engagement tenu. Une subvention promise doit être une subvention versée. C’est une question de respect, de crédibilité et de responsabilité politique.
Notre exigence : le respect des engagements pris
Nous exigeons que la Région cesse cette pratique qui décrédibilise l’institution et fragilise nos territoires. Les acteurs locaux ont besoin de pouvoir compter sur la parole de la collectivité régionale. Les conventions signées doivent être honorées, les subventions votées doivent être versées dans les délais prévus.
Nous demandons également que la majorité régionale tire les leçons de ces condamnations successives et mette en place des mécanismes garantissant que les engagements pris soient tenus. Il en va de la crédibilité de notre institution et de la confiance que lui accordent les habitants et les acteurs de nos territoires.
La bonne gestion d’une collectivité ne se mesure pas à la communication mais à la capacité à tenir ses engagements. Sur ce point, les faits parlent d’eux-mêmes : la justice a dû intervenir à plusieurs reprises pour rappeler la Région à ses obligations. C’est un désaveu cinglant de la gestion régionale actuelle.