Groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate

Une mise en scène théâtrale au conseil régional

La majorité régionale a inventé l’acte quatre d’une pièce qui n’en comporte normalement que trois. En créant une délibération spécifique pour ce qui devrait être un simple article du budget, elle transforme le débat budgétaire en spectacle. Nous appelons cela « la délibération menuiserie ». À ce rythme, nous suggérons d’aller jusqu’au bout de la logique : pourquoi pas dix délibérations la prochaine fois ? Une pour les recettes et neuf autres pour chaque chapitre de dépenses. Nous assistons à de l’affichage pur et simple, un décor qui fait croire à une grande décision alors qu’il s’agit simplement du volet recettes du budget.

 

« Les impôts n’augmentent pas » : arrêtons la tromperie

Depuis des années, la majorité régionale répète le même discours : « les impôts n’augmentent pas, les impôts n’augmentent pas ». Elle fait même des comparatifs avec ceux de l’État pour se valoriser. Rappelons les faits que la majorité omet soigneusement : les recettes directement perçues par la région représentent moins de 5% du total. La région n’a quasiment pas d’impôts dans ses recettes propres.

Ne pas augmenter des impôts qui n’existent pratiquement pas, c’est un choix de raison avant d’être un choix de principe. Il ne faut pas faire croire aux habitants qu’avec cette décision, ils économisent de l’argent. Nous dénonçons cette malhonnêteté intellectuelle.

La vérité que la majorité régionale tait, c’est que les tarifs, eux, n’ont pas baissé. Pire, certains augmentent régulièrement. Les familles le constatent sur les transports scolaires, sur les services publics régionaux. Le pouvoir d’achat des habitants en prend un coup, mais la majorité s’en félicite parce qu’elle n’a pas touché aux impôts régionaux directs quasi inexistants.

Naturellement, et c’est normal, la région bénéficie d’autres types de recettes qui sont aussi des impôts. Ces prélèvements viennent du même contribuable, simplement ils passent par le truchement de l’État avant d’arriver dans les caisses régionales. La TVA affectée, la TICPE, les différentes dotations : tout cela représente des prélèvements obligatoires sur les citoyens. Que ces impôts transitent par l’État ne change rien au fait que ce sont les mêmes contribuables qui paient. Nous refusons cette hypocrisie budgétaire.

 

Une pièce shakespearienne qui dure depuis dix ans

Cette communication sur l’absence de hausse d’impôts régionaux est devenue une pièce shakespearienne décennale. Chaque année, le même acte se rejoue avec les mêmes arguments, les mêmes effets de manche, la même mise en scène. Nous prenons acte du choix politique de la majorité. Mais nous refusons que ce choix serve de paravent à une réalité bien différente : les habitants de notre région continuent de payer, que ce soit par les tarifs qui augmentent ou par les impôts nationaux qui financent les recettes régionales.

Nous ne contestons pas le principe de ne pas augmenter les impôts régionaux directs. Ce serait d’ailleurs difficile vu leur faible part dans les recettes. Ce que nous contestons fermement, c’est l’instrumentalisation de ce fait pour créer une illusion d’optique budgétaire. Les citoyens méritent mieux qu’un spectacle théâtral. Ils méritent une information claire, transparente et complète sur la réalité de leurs contributions au financement régional.

Nous appelons à sortir du théâtre pour entrer dans le débat de fond. Les habitants de notre région ont besoin de comprendre vraiment comment fonctionne le financement régional, pas d’assister à une représentation annuelle sur la prétendue vertu fiscale de la majorité. Nous continuerons à dénoncer ces artifices de communication pour ramener le débat sur ce qui compte vraiment : les choix budgétaires, les priorités de dépenses et l’efficacité de l’action publique régionale au service de tous les habitants.