Le rapport sur l’administration générale présenté lors de la dernière assemblée régionale a mis en lumière deux éléments révélateurs de la manière dont la majorité actuelle conçoit la gestion publique en Auvergne-Rhône-Alpes. Deux détails qui, à y regarder de plus près, disent beaucoup de la hiérarchie des priorités politiques portée par la droite régionale.
Une disparition symbolique… mais très parlante
Premier fait marquant : la nouvelle organisation administrative de la Région ne prévoit plus aucun directeur général pour l’environnement, ni pour la formation et l’orientation. Dans une collectivité ordinaire, on pourrait croire à un simple retard de recrutement. Ici, c’est tout sauf anodin.
Ces absences traduisent, une fois encore, le désintérêt persistant de la majorité régionale pour deux politiques pourtant majeures : la transition écologique et la formation des jeunes ou des salariés en reconversion. Deux secteurs essentiels, particulièrement dans une époque marquée par les bouleversements climatiques et les mutations du monde du travail, mais systématiquement fragilisés d’année en année dans les budgets régionaux.
Des promesses aux maires, mais peu de concrétisations
Deuxième point d’alerte : la communication abondante autour des 479 millions d’euros affichés pour les Pactes régionaux avec l’Ardèche, l’Allier et la Haute-Loire. Un engagement en faveur des territoires ruraux ? Sur le papier, oui. Mais sur le terrain, la réalité est bien différente.
De nombreux maires dénoncent des retards de paiement, des promesses non tenues, des accords donnés par écrit ou oralement… puis plus rien. Les dispositifs évoluent, les engagements changent de nom — contrat Région, bonus ruralité — mais les financements n’arrivent pas. Et surtout, les critères d’attribution des subventions manquent cruellement de transparence.
En Ardèche comme ailleurs, le sentiment d’injustice monte. Certains élus, lassés d’attendre un soutien pourtant annoncé en grande pompe, vont jusqu’à retirer les panneaux bleus de la Région de leur commune. Une décision symbolique, mais révélatrice d’un désaveu profond des pratiques actuelles.
Pour l’avenir de la Région, tenir ses engagements
Ces constats sont faits bien au-delà des clivages politiques. Ce que demandent les maires, ce que réclament les associations, les lycées, les acteurs locaux, ce n’est pas un affichage. C’est que la Région tienne parole, qu’elle honore ses engagements, qu’elle soit un partenaire fiable et cohérent.
Au moment où les collectivités locales sont en première ligne pour porter des projets utiles et concrets — sur l’éducation, la transition énergétique, la revitalisation des centres-bourgs ou le lien social —, elles ont besoin d’une Région présente, investie, respectueuse de ses promesses.
L’avenir de notre territoire passe aussi par le respect de la parole donnée.