Les entreprises de transport sanitaire privé assurent, jour et nuit, le transport des malades et des blessés, l’aide médicale urgente et la continuité des soins. Dans les zones rurales et les territoires fragilisés, elles sont souvent le dernier lien entre les patients et le système de santé. Ce maillon est aujourd’hui menacé. C’est pourquoi le Conseil régional a adopté un vœu, que nous avons soutenu, appelant le Premier ministre et son Gouvernement à agir sans attendre.
Une profession qui a tenu sa part
On ne peut pas reprocher au secteur de fuir l’effort. Face aux exigences de maîtrise des dépenses de santé, il a engagé un plan de lutte contre la fraude, développé le transport partagé, qui représente désormais près de 30 % des courses, et signé avec l’Assurance Maladie un protocole d’économies de 150 millions d’euros. À cela s’ajoutent les 150 millions demandés aux taxis conventionnés, dont une partie pèse aussi sur lui. La profession a donc largement démontré son sens des responsabilités.
Des tarifs gelés depuis 2018, des charges qui s’envolent
En retour, aucune contrepartie tarifaire à la hauteur. Les tarifs du transport urgent préhospitalier n’ont pas bougé depuis 2018, quand tout le reste augmentait : carburant, équipements médicaux, véhicules, assurances. Le renchérissement du pétrole, sur fond de tensions géopolitiques, achève de fragiliser des entreprises déjà éprouvées par les crises du Covid et de l’Ukraine. Les signaux d’alerte sont là : trésoreries dégradées, investissements reportés, recrutements en panne. À court terme, le risque de défaillances en chaîne n’a rien de théorique.
Un effondrement qui coûterait plus cher que le soutien
Laisser ces entreprises disparaître ne serait pas neutre, y compris pour les finances publiques. Ce serait la désorganisation du transport des patients, l’allongement des délais de prise en charge, une surcharge reportée sur le SAMU et les sapeurs-pompiers, et la rupture d’un maillage territorial patiemment construit. Le coût de cet effondrement dépasserait de loin celui des mesures de soutien qu’il est encore temps d’engager. Prévenir reviendrait moins cher que réparer.
Ce que le Conseil régional demande à l’État
Le vœu formule trois demandes claires au Gouvernement : revaloriser sans délai les tarifs du transport urgent préhospitalier pour tenir compte de la réalité des charges ; ouvrir une concertation avec la profession afin de bâtir des réponses structurelles et pérennes ; et intégrer les réalités économiques du secteur dans toute nouvelle mesure d’économies, pour ne pas sacrifier l’accès aux soins, en particulier dans les territoires les plus fragiles. Derrière ces mots, un objectif simple : qu’une ambulance continue de venir, partout, quand on l’appelle.