
Lors de la dernière séance, la majorité régionale a présenté un plan régional de réarmement sous le titre : « Réarmer la France : Auvergne-Rhône-Alpes aux côtés des industries de défense et de sécurité ». L’objectif affiché était de renforcer les filières industrielles stratégiques : métallurgie, plasturgie, composants électroniques… Mais au-delà du titre, l’ambition affichée n’a pas été suivie de mesures à la hauteur.
Un engagement affiché, mais pas assumé financièrement
Aucun engagement financier concret n’a été voté. La Région a simplement annoncé le lancement, en juillet, d’un appel à projets à destination des entreprises et organismes de recherche – sans montant défini. À titre de comparaison, l’Occitanie a adopté le 12 juin un plan doté de 200 millions d’euros, déjà fléchés sur des projets industriels précis.
Le soutien annoncé repose essentiellement sur l’élargissement de dispositifs existants aux entreprises du secteur défense-sécurité :
Le prêt innovation (100 M€, cofinancé par la Région et le FEDER),
Le programme Région Industrie : Conseil Industrie du Futur,
Les volets investissement et formation du Pack relocalisation,
Un soutien renforcé au cluster EDEN, qui fédère 200 entreprises à Lyon.
Mais cet élargissement se fait à budget constant : en clair, en ajoutant des bénéficiaires sans augmenter les enveloppes, d’autres secteurs, comme la santé ou la transition écologique, risquent d’en faire les frais.
Une ambition industrielle contredite par les faits
L’assemblée a affiché sa volonté de soutenir l’industrie de défense, mais dans les faits, elle a refusé il y a quelques mois de s’engager dans la création d’une SCIC pour sauver Vencorex, pourtant un acteur stratégique dans la fabrication de missiles et de fusées.
Côté formation, le plan a proposé :
De conventionner avec le Service Militaire Volontaire (SMV),
De mobiliser le Pacte régional pour l’emploi pour financer des parcours vers les métiers militaires,
D’élargir l’offre du campus aéronautique d’Ambérieu-en-Bugey aux métiers du nucléaire et de la défense.
Nous avons défendu un amendement pour que la Région soutienne les formations en partenariat entre régiments et établissements du territoire. Une mesure concrète, à même de servir à la fois les jeunes et les besoins de l’armée, adoptée par l’Assemblée !
Enfin, une convention de partenariat a été signée avec le ministère des Armées. Mais là encore, il s’agit davantage d’un geste politique et symbolique, sans contenu opérationnel tangible ni garantie pour les salariés ou les entreprises régionales.