La Région a présenté son Plan Montagne 2030, qui fait des petites et moyennes stations une cible prioritaire. Nous partageons cette ambition et nous avons voté ce rapport, qui va dans le bon sens. Mais les moyens et la stratégie ne sont pas à la hauteur du défi climatique que ces territoires affrontent déjà.
Un rapport qui reconnaît enfin la nécessité de s’adapter
Pour la première fois, la majorité semble considérer qu’il faut repenser les activités des petites et moyennes stations au regard des aléas climatiques. C’est une avancée, et c’est pourquoi nous soutenons le texte. La montagne est à la croisée des chemins : elle doit rester un territoire où l’on peut vivre, travailler et se loger, tout en absorbant de profondes transformations climatiques, économiques et sociales.
Du ski à tout prix : un modèle aux limites visibles
Les petites et moyennes stations n’ont ni le temps ni les moyens suffisants pour s’adapter et diversifier leurs activités. Or, trop longtemps, la Région a privilégié une réponse unique : produire plus de neige pour prolonger le modèle du ski. Le premier Plan Montagne, en 2016, s’ouvrait sur un « acte 1 » intitulé « neige ». Le Plan Montagne 2, en 2021, consacrait trente millions d’euros à l’enneigement.
Le ski a toute sa place dans nos montagnes. Mais toutes les stations n’ont pas les mêmes conditions, les mêmes moyens ni le même temps pour s’adapter. Faire comme si c’était le cas ne protège personne.
Relever les plafonds d’aides ne suffit pas
Ce plan relève les plafonds d’aides, ce qui est utile mais insuffisant. Nous aurions voulu davantage qu’un dispositif de soutien aux équipements en faveur de la diversification ou du développement durable : une véritable stratégie de transition, qui accompagne les territoires dans la durée.
À l’heure où les JOP 2030 profiteront aux plus grosses stations, nous craignons que ce plan serve surtout de bonne conscience, au détriment de celles qui ont le plus besoin d’être soutenues.
Selon la Cour des comptes (2024), les collectivités de montagne manquent de moyens humains pour affronter la transition, et selon l’Insee, près de 40 % des stations de la Région se situent sous 1 200 mètres d’altitude. Nous avons donc proposé, non pas un nouveau guichet, mais une cellule d’appui mobilisant l’ingénierie que la Région possède déjà, pour aider ces stations à diversifier leur offre sur quatre saisons. Il s’agit d’équité : que la capacité à préparer l’avenir ne dépende pas de la taille de la station. L’amendement a été refusé.
Notre responsabilité n’est pas de maintenir à tout prix ce qui existe, mais de donner aux territoires les moyens de construire ce qui vient. Ce n’est pas un renoncement, c’est une exigence : celle de préserver une montagne vivante, accueillante et habitée toute l’année, pour offrir un avenir serein aux jeunes générations.