Chaque année, le débat sur les orientations budgétaires s’ouvre sur un satisfecit : les comptes de la Région sont bons, la dette est maîtrisée, les impôts n’augmentent pas. Personne ne le conteste. Mais de bons comptes ne suffisent pas : encore faut-il que la Région serve à quelque chose. Ce rapport ne donne pas lieu à un vote. Nous en avons donc pris acte, en attendant le budget.
Une Région qui n’exerce plus ses missions premières
Rénover les lycées, développer le train, former les jeunes, accompagner vers l’emploi : voilà ce qu’on attend d’une Région. Or la majorité choisit la route avant tout le reste. Elle finance des barnums plutôt que les missions locales, et des écoles de production privées plutôt que la formation professionnelle.
Trains et lycées : du rattrapage, pas de l’ambition
Pour le train, la Région rénove de vieilles rames après avoir trop peu commandé pendant des années. Cela améliore le confort, mais ne crée aucune place en plus.
Pour les lycées, le « plan Marshall » est surtout un plan de rattrapage. Depuis dix ans, l’essentiel de la hausse du budget est allé aux lycées privés. Nous attendons de savoir ce qui sera réellement fait pour les lycées publics en 2027.
Des économies, mais où ?
La Région annonce des économies sans dire lesquelles. Seront-elles faites sur les associations, les lycées, les missions locales ? Nous demandons aussi un bilan des investissements territoire par territoire avant le prochain contrat avec l’État, pour savoir qui a été soutenu et qui a été laissé de côté. Enfin, les Jeux de 2030 ne doivent pas absorber tous les investissements, au détriment des autres territoires.
Personne ne plaide pour dépenser sans compter. Mais gérer les chiffres n’est pas un projet : une Région aux caisses pleines et aux ambitions vides ne sert à rien.