Groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate

Lors de la dernière séance, la majorité régionale a adopté une mesure intitulée « Travailler plus pour gagner plus », qui prévoit la monétisation des RTT dans la fonction publique territoriale, à compter du 1er septembre 2025. En clair, certains agents de la Région, notamment ceux soumis aux 40 heures hebdomadaires, pourront renoncer à 15 jours de RTT. Ces jours seront déposés sur leur Compte Épargne Temps, puis convertis en euros.

Présentée comme une mesure de revalorisation du pouvoir d’achat, cette décision masque en réalité une logique inégalitaire et productiviste.

 

Une mesure injuste, dénoncée par les syndicats

La conversion des jours de RTT est encadrée par un arrêté ministériel :

  • 150 € bruts par jour pour les agents de catégorie A,

  • 100 € pour ceux de catégorie B,

  • et seulement 83 € pour la catégorie C.

Autrement dit, à travail égal, les agents les moins bien rémunérés perdront plus pour gagner moins. Les syndicats ont unanimement rejeté cette mesure, qu’ils jugent inégalitaire, contre-productive et contraire à l’intérêt du service public.

Cette décision ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans une tendance lourde de remise en cause des droits sociaux et du statut des agents publics. Depuis des années, la droite, de Ciotti à Macron en passant par Wauquiez, affaiblit méthodiquement les fondements du service public.

Ce vote s’inscrit dans une série de décisions que nous avons combattues ces derniers années, comme l’externalisation des agents de lycées.

 

Travailler plus, au mépris de la santé et de l’équilibre de vie

Cette vision du travail est en total décalage avec les aspirations des Français. Selon les enquêtes d’opinion, plus de 70 % des actifs soutiennent la semaine de 4 jours. Face à cela, la majorité régionale continue de défendre un modèle épuisant, basé sur l’allongement du temps de travail et la dévalorisation du repos.

Le service public ne peut pas reposer sur l’usure physique et psychologique de ses agents. Il doit s’appuyer sur des conditions de travail stables, dignes et équitables. Travailler plus ne signifie pas toujours gagner plus… surtout quand on y perd sa santé, son équilibre de vie, et le sens même du service.