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Groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate

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En Auvergne-Rhône-Alpes, 61 missions locales accompagnent les 16-25 ans vers l’emploi et l’autonomie. C’est peu dire qu’elles comptent : pour beaucoup de jeunes, elles sont le premier, parfois le seul, point d’appui. Or la Région vient de décider de les affaiblir un peu plus.

Une promesse de mai effacée en juin

En mai 2026, l’exécutif régional avait pris un engagement : sécuriser le budget 2026 des missions locales, à charge pour elles de présenter des projets adossés aux 20 % variables de leur subvention. Le 17 juin, la réalité les rattrapait sous la forme d’un courrier : leur dotation régionale baisserait finalement de 10 %. Entre la parole et l’acte, il ne s’est écoulé qu’un mois. Et la décision est tombée sans échange préalable, ce qui n’a rien d’étonnant : ces structures n’ont plus, aujourd’hui, d’interlocuteur identifié au sein de l’exécutif.

Une saignée qui dure

Cette coupe n’est pas la première. Le budget 2025 avait déjà fondu de 10 % par rapport à 2024. En additionnant les deux exercices, ce sont plus de 2,7 millions d’euros qui auront été soustraits, en deux ans, à l’accompagnement des jeunes de la région. Chaque point de pourcentage se traduit très concrètement : des postes de conseillers fragilisés, et donc des jeunes qui perdront l’adulte référent censé les suivre au moment où tout, pour eux, se joue.

L’État serre l’étau, la Région tient les ciseaux

L’argument budgétaire, nous l’entendons. L’État réclame à la Région 70 millions d’euros d’efforts en 2025, et 150 millions en 2026. Mais subir une contrainte ne dispense pas de choisir. Aucune règle n’obligeait l’exécutif à faire tomber le couperet sur les missions locales plutôt qu’ailleurs : c’est une décision, assumée par ceux qui l’ont prise. Répercuter mécaniquement chaque coupe de l’État sur les publics les plus fragiles, ce n’est pas gérer, c’est renoncer à arbitrer.

Couper quand la demande explose

Le plus incompréhensible tient au calendrier. En 2025, les missions locales ont vu leur fréquentation bondir de 8 %, avec une part croissante de mineurs qui franchissent leur porte. Autrement dit, jamais elles n’ont été autant sollicitées, et c’est précisément l’instant retenu pour réduire la voilure. Ces lieux ne distribuent pas des formulaires : pour des milliers de jeunes isolés, parfois sans famille derrière eux, ils sont le rare endroit où l’on retient leur prénom et où l’on ne les lâche pas en cours de route. Ce que font les missions locales, et auprès de qui elles le font, personne d’autre ne le prend en charge.

Nous demandons donc à la Région de revenir sur cette baisse de 10 % et de redonner aux missions locales les moyens d’accueillir une jeunesse toujours plus nombreuse à frapper à leur porte.