En janvier 2026, alors que le Parlement européen votait l’accord Mercosur, Fabrice Pannekoucke annonçait le boycott des produits sud-américains dans les cantines des lycées de la région. Une déclaration retentissante. Mais derrière la communication, une question simple reste sans réponse : quelle était la part réelle de ces produits dans les assiettes de nos lycéens avant cette annonce ?
Un courrier, une réponse, et toujours pas de chiffres
Nous avons adressé un courrier au Président Pannekoucke pour obtenir ce chiffre. La réponse, signée par le Vice-président délégué à l’agriculture Olivier Amrane, était longue et courtoise… mais muette sur les données demandées. On y trouvait l’évocation d’un engagement contre le Mercosur affiché depuis 2018, la démarche La Région dans mon assiette, une opposition déclarée à l’accord. Mais pas de chiffres. Or, si la Région soutient effectivement les filières locales depuis des années, ce boycott ne changeait peut-être rien dans les assiettes.
Une contradiction difficile à ignorer
Le rapport dénonce les pratiques agricoles sud-américaines, mais n’apporte aucun soutien concret aux agriculteurs locaux pour faire face aux aléas climatiques ou engager leur transition. Pire, l’exécutif soutient la loi Duplomb, qui vise à réintroduire l’acétamipride dans nos champs, un néonicotinoïde qui fragilise les pollinisateurs dont dépendent nos exploitations. Dénoncer les standards insuffisants du Mercosur tout en cherchant à affaiblir les nôtres : la contradiction est flagrante.
Rassembler, ça se mérite
La réponse de la Région concluait que défendre l’agriculture devait « rassembler largement ». Nous y souscrivons. Mais rassembler, cela commence par répondre aux questions posées avec des chiffres. Et cela se confirme en refusant de soutenir des pesticides que nos voisins européens ont bannis.