Face à la mobilisation des lycéens, qui parlent de l’état de leurs bâtiments et de leurs conditions d’étude, la majorité régionale a répondu par un rapport intitulé « Dégradations dans les lycées : des actes, des conséquences ». Au programme : des sanctions, des aides conditionnées et des poursuites judiciaires. Aucune violence ne se justifie, mais condamner ne dispense pas d’entendre la jeunesse, et réparer des dégâts ne tient pas lieu de politique d’investissement.
10 millions d’euros pour réparer, sans savoir le montant total
Le rapport débloque 10 millions d’euros pour réparer des dégâts qu’il ne chiffre pas, et se réserve le droit d’en débloquer 10 de plus. On sort le chéquier sans savoir combien coûteront les réparations, ni sur quelles lignes budgétaires l’argent sera pris. Les estimations ont d’ailleurs fortement varié : environ 200 000 euros dans la première communication de la Région, puis 25 à 30 millions annoncés, et « seulement » 10 millions prévus aujourd’hui.
Des lycées publics sous-investis malgré les plans Marshall
Depuis 2015, les lycées publics accueillent plus de 11 000 élèves en plus. Pourtant, la dépense régionale par élève a baissé de 3,2 % en euros constants, alors qu’elle a augmenté de 55 % dans les lycées privés. En 2024 et 2025, la Région a même moins investi dans les lycées publics qu’en 2015. Si elle avait simplement maintenu son niveau de 2015 par élève, les lycées publics auraient reçu 76 millions d’euros de plus. Ce n’est pas ce qui a été fait : nous alertions déjà la Région en 2023 avec la Mission lycées.
Nos amendements
Un état des lieux partagé. La majorité affirme qu’aucun lycée n’est plus en mauvais état, alors que des établissements comme Albert Thomas à Roanne, Frédéric Faÿs à Villeurbanne ou Louis Lachenal à Argonay sont régulièrement signalés. Nous proposons un état des lieux de tous les lycées publics, mené avec les enseignants, les équipes de direction, les agents de la Région et les élèves, pour hiérarchiser les travaux restants.
Un plan de rattrapage de 76 millions d’euros. Depuis 2015, les lycées publics accueillent plus de 11 000 élèves de plus, mais la dépense régionale par élève a baissé de 3,2 % en euros constants, alors qu’elle a progressé de 55 % dans les lycées privés. Si la Région avait simplement maintenu son niveau de 2015 par élève, les lycées publics auraient reçu 76 millions d’euros de plus entre 2016 et 2025. Nous demandons donc un plan exceptionnel de 76 millions d’euros pour la rénovation, l’équipement et les conditions d’accueil, en priorité là où les besoins sont les plus grands.
La fin de la conditionnalité des aides. Le rapport propose de refuser le Pass’Région, l’aide au permis ou les bourses de mobilité à un jeune pour « comportement incivique », une notion jamais définie. Le tribunal administratif de Lyon a déjà annulé un dispositif de ce type en juillet 2024, et la cour administrative d’appel a rejeté le recours de la Région. Ces aides doivent accompagner les jeunes vers l’autonomie, pas servir à les punir.
Aucuns de ces amendements n’ont trouvé grâce aux yeux de l’exécutif.