Groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate

À l’heure où l’urgence environnementale s’intensifie, le Gouvernement multiplie les signaux de recul. Le projet de loi sur la simplification de la vie économique, adopté le 17 juin, et la proposition de loi Duplomb en cours d’examen inquiètent profondément.

Au nom de la « simplification », ces textes remettent en cause des normes essentielles pour la santé, la biodiversité et le climat. Ils donnent un feu vert à l’épandage de pesticides par drone, à l’assouplissement de l’encadrement de substances toxiques, et à l’accélération de projets controversés comme les mégabassines.

Ces décisions s’inscrivent dans une tendance plus large : affaiblir les politiques environnementales existantes, notamment celles issues de la loi Zéro Artificialisation Nette (ZAN), et fragiliser les dispositifs de protection de la biodiversité. Or, ces mesures sont indispensables. Sans elles, la souveraineté alimentaire, la santé publique et la résilience écologique de nos territoires sont menacées.


Les alertes scientifiques sont claires. La politique doit suivre.

Les rapports du GIEC, de l’IPBES, de Santé publique France ou de l’Agence européenne de l’environnement dressent tous le même constat :

  • Le climat se dérègle plus vite que prévu.

  • La qualité de l’air se détériore.

  • La biodiversité s’effondre, y compris les pollinisateurs dont dépend 80 % de notre agriculture.

  • Nous ingérons plastiques et résidus de pesticides chaque jour.

Dans ce contexte, abandonner les ZFE, zones qui ont permis de faire baisser la pollution de l’air de 24 % à Lyon en 5 ans, revient à ignorer l’impact sanitaire des particules fines, pourtant responsables de dizaines de milliers de morts chaque année.

 

Accompagner, pas renoncer

Plutôt que de reculer, l’État doit accompagner les transitions. Il faut apporter un soutien économique, humain et technique à tous les professionnels concernés, à commencer par les agriculteurs. Les normes ne sont pas des obstacles, mais des garde-fous collectifs.

C’est pourquoi notre groupe a présenté, au nom du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, un voeu adressé à M. François Bayrou, Premier ministre, et à son Gouvernement, demandant :

  • Le retrait des dispositions législatives qui affaiblissent les normes environnementales, notamment celles liées à la pollution de l’air et à l’usage des phytosanitaires ;

  • Le maintien des Zones à Faible Émission, avec un accompagnement social et territorial adapté ;

  • La mise en œuvre d’un plan d’accompagnement renforcé des agriculteurs, vers une agriculture plus durable et respectueuse de la santé humaine et de l’environnement ;

  • Une réaffirmation claire de l’engagement climatique de la France, conforme aux Accords de Paris et au Pacte Vert européen.

Simplifier ne doit pas signifier abandonner nos engagements. Il est encore temps de choisir la cohérence, la responsabilité, et la transition juste.