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Groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate

Unsplash

Le rapport présenté en plénière s’intitule « La Région aime ses Parcs ». Personne ne contestera l’attachement de notre assemblée à ces dix territoires. Mais derrière la formule, le cap fixé pour 2027-2030 révèle une autre hiérarchie de priorités. Et celle-ci mérite d’être nommée.

La biodiversité reléguée au second plan

Un Parc naturel régional existe d’abord pour protéger des paysages, de la biodiversité, des équilibres naturels. C’est ce qui fonde son label et sa légitimité. Or, dans ce rapport, ce sont l’agriculture productive, l’autonomie économique et la communication qui occupent le premier plan. La protection de la nature n’est pas absente, mais elle passe clairement au second rang. Personne ne conteste que l’agriculture ait sa place dans un Parc, elle en fait pleinement partie. Le problème, c’est d’en faire l’axe central au détriment de la mission première, celle pour laquelle ces territoires ont été labellisés.

Une communication tournée vers la Région, pas vers les territoires

Le rapport fixe trois objectifs de communication : affirmer une identité singulière à l’entrée des Parcs, faire connaître leurs actions, et communiquer sur l’action de la Région en leur faveur. Dans les trois cas, c’est la Région qui se met en scène. On ne valorise plus les territoires, on capte leur image au profit d’une vitrine régionale, jusqu’à la charte graphique apposée à l’entrée des Parcs.

Une gouvernance qui éloigne les élus de proximité

C’est le point le plus lourd. Le rapport réduit le nombre de conseillers régionaux délégués siégeant dans les syndicats mixtes, tout en garantissant au couple Région-Département au moins 50 % des voix. Dans le Parc du Pilat, ce binôme pesait 40 % avant 2023 ; il atteindra désormais 50 %. Ce qui recule, ce sont d’abord les territoires : les communes, les EPCI, les élus de proximité qui connaissent les fragilités et les habitants de ces Parcs se retrouvent mécaniquement en retrait. La pluralité politique s’efface dans le même mouvement, et l’opposition avec elle.

Contribuer plus, peser moins

Dernière incohérence : il est demandé à ces mêmes communes et EPCI de porter au moins 20 % du budget. On leur demande donc de payer davantage au moment précis où on réduit leur place dans les décisions. Cette logique nous échappe.

Un rapport peut s’intituler « La Région aime ses Parcs ». Encore faut-il que cet amour ne consiste pas à les transformer en outils de production et en supports de communication, au détriment de ce qui fait leur raison d’être. C’est pour l’ensemble de ces raisons que notre groupe a voté contre.