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Nous apprenons par voie de presse que la Région Auvergne-Rhône-Alpes a décidé, en catimini, de fermer le centre TUMO Lyon, situé sur le Campus Région du numérique à Charbonnières-les-Bains. Cette décision inquiétante va priver de nombreux jeunes de 12 à 18 ans d’un lieu unique de découverte et de formation aux métiers du numérique, et menace directement les 35 salariés qui faisaient vivre le centre au quotidien.
Ouvert au mois de janvier 2022, le centre TUMO Lyon, voulu et promu par Laurent Wauquiez pour former selon ses dires « des petits génies de la tech », proposait aux jeunes une autoformation gratuite dans huit domaines du numérique et la possibilité de rencontrer des professionnels du secteur.
Principale instigatrice du projet, la Région Auvergne-Rhône-Alpes annonçait encore en 2024 vouloir amplifier les actions et les programmes pour la saison 2024/2025. La décision de fermeture du centre, prise à peine un an plus tard, est un choc pour les salariés, les jeunes et leurs familles.
Un tel dispositif permettait à de nombreux jeunes de développer des compétences transversales, de s’ouvrir à des métiers d’avenir et de se projeter dans des parcours de formation dans un monde où le numérique est omniprésent. Au regard des enjeux actuels en matière d’orientation et d’insertion, la fermeture du centre TUMO est totalement incompréhensible et très préoccupante.
La direction d’Auvergne-Rhône-Alpes Orientation évoque une fermeture temporaire et affirme qu’une procédure de consultation serait en cours. Néanmoins, tout laisse à penser que cette concertation n’est qu’un paravent qui cache une volonté de fermeture définitive du centre et de licenciement pur et simple des salariés qui le font vivre.
Cette décision est d’autant plus troublante que nous apprenons que la directrice d’Auvergne-Rhône-Alpes Orientation, Laura Vachez, quitte ses fonctions pour rejoindre le cabinet du président de Région, Fabrice Pannekoucke. Interrogé sur cette affaire, son successeur est resté silencieux face aux inquiétudes des salariés et des familles. Il est inacceptable que les jeunes et les salariés du centre TUMO Lyon puissent être les victimes collatérales des luttes de pouvoir au sommet de la collectivité.
Ainsi, 35 salariés sacrifiés, 1 500 jeunes laissés sur le carreau : cette décision est une faute sociale et territoriale. M. Pannekoucke use des mêmes méthodes que son prédécesseur : brutalité dans la méthode, indifférence aux besoins des jeunes et coup de ciseaux dans les projets qui font vivre notre territoire.
Nous dénonçons fermement cette décision prise sans concertation et appelons la Région à revenir sur ce choix. Les dispositifs qui accompagnent les jeunes vers les métiers de demain doivent être consolidés, non affaiblis. La fermeture de TUMO Lyon enverrait un signal désastreux à la jeunesse, aux familles et aux acteurs de la formation du territoire.