En 2023, seules 24 % des chefs d’exploitation agricole sont des femmes. Un chiffre trop bas, qui évolue trop lentement. La Région Auvergne-Rhône-Alpes a présenté un rapport pour y remédier dans le cadre d’une plénière au programme réduit, sans mesure financière nouvelle à l’horizon. Le diagnostic est partagé. Mais les réponses concrètes se font attendre.
Des femmes présentes, mais freinées à l’installation
Les femmes ne désertent pas le secteur agricole. En 2024, elles représentaient 42 % des personnes accueillies au Point Accueil Installation. Pourtant, elles ne constituent plus que 32 % des bénéficiaires de la Dotation Jeune Agriculteur (DJA). Entre l’envie d’entreprendre et l’installation effective, quelque chose coince et le rapport régional ne dit ni quoi, ni comment y remédier.
Un rapport creux face à un enjeu réel
Ce que propose le rapport ? Des comités de pilotage, des actions de communication, des vestiaires rénovés. Pas un euro de financement nouveau pour soutenir l’installation. C’est précisément là que le bât blesse.
Le vrai obstacle : des aides mal orientées
Les aides restent trop souvent fléchées vers les transmissions familiales. Or beaucoup de femmes souhaitant s’installer arrivent sans exploitation héritée, sans réseau, sans ancrage dans le milieu agricole. Les dispositifs régionaux actuels les excluent de fait, faute de critères adaptés à leur réalité.
Deux demandes concrètes à la Région
Deux mesures s’imposent : un soutien financier réel à l’installation hors cadre familial, et une révision des critères d’accès aux aides régionales pour ne plus pénaliser ceux et celles qui viennent de l’extérieur du milieu. Le renouvellement agricole ne se fera pas sans nouveaux profils. Ces nouveaux entrants sont souvent des femmes. Encore faut-il leur en donner réellement les moyens.