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Groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate

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La décision était attendue : les épreuves de glace des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 (hockey, patinage artistique, short track, curling) se tiendront bien à Lyon. Nous l’avions réclamée, nous nous en félicitons. Mais valider une bonne décision ne suffit pas à dissiper le flou qui entoure ce projet depuis bientôt 18 mois. Et la matrice des responsabilités soumise en plénière ne lève ce flou qu’en partie.

Les épreuves de glace à Lyon : enfin une décision logique

Regrouper les compétitions sur des équipements existants, c’est moins de béton, moins de déplacements, donc moins de carbone. Quand les transports concentrent l’essentiel de l’empreinte d’un grand événement, ce n’est pas un détail. La Région rappelle d’ailleurs que 90 % des équipements sont déjà là. Après quelques atermoiements, la majorité a fini par se rallier à la position que nous défendions. Acte en est pris.

Une matrice qui tient sur le papier

La répartition des rôles est lisible, en apparence. L’État conserve le régalien. Le COJOP organise les Jeux, loge et transporte ses accrédités. La Région devient cheffe de file du transport des spectateurs. Jusque-là, rien à redire. C’est la suite qui pose problème.

« Gratuit » pour les Jeux, payé par les communes

Ce sont les communes hôtes qui mettent leurs sites et leurs espaces publics à disposition « à titre gracieux ». Ce sont elles qui financent, à leurs frais, le déneigement, l’éclairage, la signalétique et les volontaires aux abords. Et pour loger la « workforce », les milliers de bénévoles et de salariés des Jeux, le document parle d’hébergements « mis à disposition gratuitement ». Le mot est joli. Mais gratuit pour les Jeux, cela veut dire payé par les communes. Pour une grande métropole, la charge se dilue. Pour une petite commune de montagne, elle peut être écrasante. À la question que nous posons depuis le premier jour, « qui paie ? », ce rapport répond donc : les territoires les plus fragiles, sans compensation. Le seul soutien financier évoqué concerne l’accessibilité des sites, et encore, « dans des modalités à définir ».

Une pique partisane plutôt qu’un projet rassembleur

Le rapport prend soin de fustiger ceux qui voudraient « contester systématiquement tout projet d’envergure ». Voilà donc à quoi sert une délibération sur les Jeux : décocher une attaque partisane. Le sport comme valeur qui rassemble, ce n’est manifestement pas encore pour aujourd’hui.

Notre position n’a pas varié. Nous soutenons la tenue de ces Jeux, mais nous les voulons transparents, sobres et porteurs d’un héritage réel : une gouvernance lisible, des équipements pensés pour durer au-delà de la flamme, un budget maîtrisé et une transition écologique placée au cœur du projet, pas ajoutée à la dernière minute. Nous ne dirons pas non à des Jeux que nous voulons voir réussir. Mais nous ne signerons pas un blanc-seing à un projet qui laisse les communes de montagne régler l’addition et qui repousse les réponses que nous réclamons depuis le début. Notre abstention n’est pas une hésitation, c’est une exigence : sur le financement des collectivités, sur la transparence et sur l’héritage.