Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, point de passage stratégique par lequel transite chaque jour 20 % de la consommation mondiale de pétrole, a provoqué une hausse brutale des prix à la pompe en France, de l’ordre de 10 à 27 % selon les carburants. Cette flambée frappe en premier lieu les habitants des territoires périurbains et ruraux. Là où des offres alternatives à la voiture existent, leur coût les rend peu accessibles ; là où elles font défaut, ces populations n’ont d’autre choix que de subir de plein fouet la hausse des prix.
Cette situation n’est pas sans rappeler la crise énergétique de 2022, consécutive au conflit en Ukraine. Face à cette flambée, la France n’avait alors pas su apporter de réponse à la hauteur de l’urgence sociale, quand l’Espagne, elle, avait fait le choix de l’action. En rendant ses trains régionaux gratuits pendant plusieurs mois, elle avait offert une alternative concrète à ses habitants. Le bilan est sans appel : une hausse de 24 % du nombre de trajets effectués, atteignant jusqu’à 65 % dans certaines métropoles. La France peut et doit s’en inspirer.
L’enjeu dépasse la seule question du prix du carburant. Il s’agit, en effet, d’assurer à chacun la possibilité de se déplacer, d’accélérer le report modal vers des transports décarbonés, et de démontrer que la puissance publique est capable de protéger ses citoyens face aux conséquences des crises géopolitiques qui menacent leur quotidien. Dans les territoires où l’offre ferroviaire ou de transports en commun ne peut couvrir l’intégralité des déplacements, la voiture doit trouver sa juste place : celle du dernier kilomètre, en articulation avec les nœuds de transports collectifs.
Ainsi, par ce vœu, le Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes appelle le Premier Ministre et son Gouvernement à :
- Instaurer en urgence un Pass Rail national temporaire à tarif fixe, permettant à l’ensemble des Français d’accéder aux transports en commun à tarif réduit le temps de la crise pétrolière ;
- Se mobiliser, en lien avec les Régions et les AOM, pour renforcer l’offre de transports en commun et absorber l’afflux de voyageurs que cette mesure générerait, afin que le report modal soit une réalité concrète pour tous les territoires, y compris les plus ruraux.