Groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate

Le budget 2025 a été voté. Et les chiffres sont bons, objectivement. L’épargne reste élevée, la dette se maintient, et la capacité de désendettement est à 3 ans. C’est bien. Tellement bien que cela permet à la majorité régionale de clamer partout – urbi et orbi – que nous sommes la meilleure région de France, d’Europe, bientôt de la Voie lactée. On pourrait en sourire si la réalité n’était pas aussi amère.

Car si les chiffres sont bons, le compte n’y est pas. Ni pour les habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes, ni pour les priorités qu’une Région devrait porter. Ce budget est un coffre-fort bien gardé, pas un projet d’avenir.

 

De bons chiffres… à quel prix ?

Ces bons résultats ont un coût. Et ce sont toujours les mêmes qui paient.

La culture ? Toujours dernière de la classe avec 8 € par habitant, quand les Hauts-de-France de Xavier Bertrand en investissent 18. La légère hausse récente est un trompe-l’œil : elle concerne surtout le patrimoine, tandis que la création et le spectacle vivant reculent.

La formation professionnelle ? Même punition : 40 € par habitant en AuRA, contre 91 € dans les Hauts-de-France. Comme si les demandeurs d’emploi de notre région avaient moins besoin de se former qu’ailleurs.

Et que dire des quartiers prioritaires ? Ils ne reçoivent quasiment plus rien. Sans doute parce qu’ils votent peu pour vous… mais ce sont pourtant les territoires les plus pauvres de France.

 

Des crédits affichés, mais peu engagés

Le bilan de ce budget, c’est aussi une incapacité chronique à consommer les crédits votés. Le volume d’autorisations de programme non consommées équivaut à quatre années de retard. Les lycées publics sont les grands perdants de ce sous-investissement : 1,3 milliard d’euros restent non engagés. Le fameux plan Marshall pour les lycées fait pschitt. Réaliser les chantiers ferait baisser les bons chiffres, alors autant ne pas se presser…

Et pendant ce temps, le soutien à l’économie régionale recule de 17 millions d’euros cette année, soit près de 10 %. Même sur l’armement, dont vous vous réclamez fièrement, aucun engagement budgétaire n’a été pris. À quoi sert alors tout cet argent ?

 

Un budget sans ambition, au service d’un récit politique

Ces bons chiffres ne servent ni la transition écologique, ni la cohésion sociale, ni le ferroviaire, ni la sécurité, ni l’égalité des territoires.

  • Rien pour les réseaux de chaleur, les rénovations thermiques, ou la transition agricole.

  • Rien pour soutenir les polices municipales, leur formation ou leur équipement.

  • Rien pour rattraper le retard ferroviaire.

  • Rien pour répondre à l’urgence climatique, alors même que votre parti devient le porte-voix national du climatoscepticisme.

En réalité, ce budget sert une seule ambition : votre mise en scène nationale. Gérer les chiffres, garder le magot, se glorifier de votre rigueur… pour mieux alimenter l’image du futur présidentiable que vous servez.

Mais gérer les chiffres n’est pas une politique. Ce budget, c’est de la gestion comptable. Ce n’est pas un projet pour les habitants.
Les chiffres sont bons.
Mais le compte n’y est pas. Vraiment pas.