Groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate

La Chambre régionale des comptes (CRC) a récemment mené une enquête sur la communication de treize collectivités territoriales, dont la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette analyse met en lumière des pratiques préoccupantes et soulève de sérieuses interrogations. Alors que l’exécutif régional se félicite d’être parmi les collectivités dépensant le moins en communication, l’étude révèle au contraire plusieurs dérives inquiétantes.

Contrairement à ce qu’affirme la majorité régionale, la CRC n’a pas émis une seule recommandation, mais bien neuf, allant de la nécessité de formaliser une véritable politique de communication à l’amélioration de la transparence sur les dépenses, y compris celles liées aux repas d’affaires du président du conseil régional. Le fait de réduire ces recommandations à une seule constitue, au mieux, une erreur, au pire, une tentative de manipulation de l’opinion publique.

L’exécutif s’appuie par ailleurs sur une comparaison avec les dépenses de la ville de Clermont-Ferrand pour justifier ses choix. Or cette comparaison est trompeuse : la Région compte plus de 8 millions d’habitants contre 147 000 pour Clermont-Ferrand. Le ratio par habitant, pertinent dans certains contextes, devient ici totalement inadapté. Ce n’est pas tant le montant des dépenses qui pose question, mais leur usage et leur impact.

Parmi les pratiques relevées par la CRC figurent des lettres d’information particulièrement coûteuses – à l’image d’un courrier sur la présence d’un hélicoptère au CHU de Clermont-Ferrand, qui a coûté davantage que la location de l’appareil lui-même. S’ajoutent à cela des campagnes d’affichage massives, des « dîners des sommets » organisés à grand frais, une réduction du temps de parole des groupes d’opposition dans les supports de communication régionaux, ou encore un contrat controversé avec l’institut Médiascopie pour analyser les interventions médiatiques du président en pleine campagne électorale.

Face à l’ensemble de ces éléments, il devient impératif que l’exécutif régional prenne pleinement en compte les recommandations de la CRC. Les citoyens d’Auvergne-Rhône-Alpes ont droit à une communication publique claire, honnête et respectueuse des règles démocratiques. La transparence ne devrait jamais être une option.