Un budget supplémentaire est un budget d’ajustement : ce qu’on choisit d’y ajouter dit beaucoup des priorités d’une collectivité. Celui que la majorité régionale vient de présenter fait la part belle aux minibus et aux barnums, pendant que les agriculteurs, les usagers du train et les lycées attendent.
Agriculteurs : 13 millions d’euros face à des pertes bien supérieures
La Région prévoit près de 15 millions d’euros pour des minibus et des barnums, contre 13 millions d’euros pour soutenir les agriculteurs. Treize millions, alors que dans le seul Cantal les pertes liées aux canicules successives de l’été sont estimées à 120 millions d’euros. Quand il s’agit de communication, les moyens sont là. Pour soutenir les éleveurs à hauteur de leurs difficultés, c’est une autre histoire.
Trains : des péages payés, un service inchangé
Ce budget ne prévoit aucun investissement supplémentaire pour les transports. Les crédits de fonctionnement servent notamment à payer les péages ferroviaires : ils permettent de faire rouler les trains sur le papier, pas d’améliorer le service. Or les usagers voyagent debout entre Clermont-Ferrand et Issoire, et le président de la SNCF lui-même qualifie la ligne Lyon-Grenoble de « ligne malade ». Les besoins sont connus, les difficultés documentées, les actions inexistantes.
Lycées : 10 millions d’euros face à 76 millions de retard
Les 10 millions d’euros annoncés pour les lycées pèsent peu face aux 76 millions d’euros non investis dans les lycées publics depuis dix ans. La majorité en prévoit certes 10 millions de plus « si nécessaire », mais par redéploiements internes : autrement dit, pris ailleurs, là où il y a aussi des besoins.
Un budget révèle des choix politiques. Celui-ci privilégie les minibus, quand les agriculteurs attendent des soutiens, les usagers des trains qui circulent et les lycéens des établissements dignes de ce nom.