Dix ans. Voilà dix ans que la majorité régionale nous présente le même rapport budgétaire, avec les mêmes arguments sur la « région la mieux gérée » et des comparaisons État/Région qui servaient surtout les ambitions élyséennes du précédent président. À l’heure où la droite régionale se rapproche dangereusement de l’extrême droite, ce discours devient de plus en plus décalé et surréaliste.
Notre analyse d’une politique nationale incohérente
Le gouvernement fait les poches des collectivités
Nous constatons que le gouvernement poursuit une politique de courte vue en ponctionnant les collectivités territoriales. Cette stratégie vise à compenser le naufrage d’une politique fiscale que la majorité régionale soutient pourtant : supprimer des milliards de recettes fiscales en espérant que « ça marchera ».
Le Sénat, dominé par leurs alliés politiques, n’a pas fondamentalement revu cette mécanique infernale. Ils veulent toujours baisser les impôts sans reconnaître que c’est précisément cette politique qui a creusé le déficit depuis huit ans.
Les chiffres qui contredisent le discours officiel
Nous avons notre propre lecture des priorités budgétaires, bien différente de celle présentée par la majorité :
- 0 euro pour les quartiers prioritaires : Aucun budget pour les 500 000 habitants vivant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. C’est un abandon pur et simple.
- 0 euro d’augmentation pour les transports : Derrière ce chiffre se cache en réalité une baisse. Dans mon département, les familles paient 120 euros de plus pour les transports scolaires.
- 3 millions de moins pour l’environnement : Une nouvelle baisse du budget environnemental. Pour cette majorité, comme pour un ancien président de la République, l’environnement « ça commence vraiment à bien faire ». C’est consternant.
- 33 millions supprimés pour la formation des chômeurs : Au moment où les plans sociaux s’accumulent et où les jeunes comme les seniors sont de plus en plus exclus du marché du travail, on coupe dans la formation professionnelle.
- 47 millions de plus pour les routes : Une augmentation massive, alors que la majorité invoque pourtant la nécessité de se recentrer face aux baisses de dotations de l’État. Vous payez à sa place ce qu’il devrait financer et vous osez parler de cohérence et de recentrage ? C’est une plaisanterie. Les routes ne relèvent pas de nos compétences, mais des autres collectivités. Les TER, eux, sont bien notre responsabilité : or là, nous stagnons gravement, donc nous reculons.
JO 2030 : une occasion historique ratée
2030, le chiffre fétiche de la majorité, son horizon indépassable. Ce projet est mal embarqué, bricolé à la hâte, mal piloté, sans concertation, y compris avec leurs propres alliés politiques qui découvrent les décisions dans la presse.
Notre verdict : vous êtes hors jeu. Au lieu de faire des JO d’hiver 2030 les premiers Jeux d’une nouvelle ère, ceux qui assument le changement climatique et la mort programmée d’un modèle dépassé, vous avez choisi de faire les derniers JO du passé, dans la nostalgie d’Albertville et de Grenoble. Mais la nostalgie ne fait pas un projet.
La vérité sur les investissements : stop à l’illusionnisme
La majorité affirme sans cesse que les investissements ont doublé depuis 2015. C’est de l’illusionnisme, et nous le dénonçons avec des chiffres précis :
- Avant 2015, les deux anciennes régions investissaient en moyenne 780 millions d’euros
- L’inflation cumulée depuis 2015 a été de 30%, ce qui porte ces 780 millions à 1 milliard d’euros
- La majorité inscrit 200 millions d’euros de crédits européens dans ses 1,4 milliard, alors qu’en 2016 il n’y en avait que 35 millions
Résultat : l’accroissement net de l’investissement n’est pas de 100% mais de moins de 25%. C’est quelque chose, certes, mais pas le doublement affiché en permanence.
Nos propositions pour un budget à la hauteur des enjeux
Sans surprise et à notre grand regret, nous ne voterons pas ce budget. Mais nous continuerons à vous interpeller pour faire entendre les messages de votre opposition.
Nous défendrons des amendements dans trois domaines essentiels :
- Santé mentale : un enjeu de santé publique qui nécessite des moyens à la hauteur
- Défaillances d’entreprises : un accompagnement renforcé dans un contexte économique difficile
- Lutte contre les addictions : des actions de prévention et d’accompagnement indispensables
Nous proposerons également des moyens accrus pour lutter contre le narcotrafic et renforcer la coopération entre les maires et l’État sur ces questions cruciales.
Notre engagement : une opposition constructive
Ces sujets sont au cœur de l’actualité et appellent une action forte de notre collectivité. Nous continuerons, une fois de plus, à essayer de vous convaincre d’entendre nos propositions. Car c’est notre rôle : défendre une vision alternative de l’action publique régionale, au service de tous les habitants.