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Groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate

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Il fallait une délibération pour cela. Réunir les 204 élus du conseil régional, mobiliser l’administration, occuper une plénière, pour trancher une question décisive : faut-il dire « AURA », « ARA » ou « Auvergne-Rhône-Alpes » ? Le verdict est tombé. Ce sera Auvergne-Rhône-Alpes, en toutes lettres, sans acronyme ni abréviation. Dont acte.

Une crise d’identité à onze ans

La Région a onze ans. C’est l’âge où l’on se cherche, où l’on s’interroge sur qui l’on est, où l’on éprouve le besoin d’affirmer son identité. À la lecture du rapport, le doute n’est plus permis : l’exécutif traverse une tempête émotionnelle. Et c’est ok. Nous ne nous y opposerons pas : disons que nous lui offrons un cadre bienveillant pour mener à bien cette quête de soi.

Tout est parti d’un mot. Le 30 avril, lors d’une assemblée d’Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises, un participant a prononcé « AURA ». L’émotion fut vive. Le président de Région, Laurent Wauquiez, s’en est ému, expliquant qu’un Américain ou un Chinois ne saurait situer le territoire, et citant la région PACA, qui dépenserait 50 millions d’euros par an pour faire dire « Région Sud ». On mesure l’enjeu. On devine surtout la facture à venir.

Pendant ce temps, la vraie région

Reste une question simple : n’y avait-il vraiment aucun sujet plus pressant à soumettre à cette assemblée ?

Nous aurions pu parler d’adaptation au changement climatique, alors que 40 °C écrasent la région en cette fin juin, au terme du printemps le plus chaud jamais mesuré en France. Nous aurions pu parler de la transition de nos pratiques agricoles, que nous proposons depuis des années par voie d’amendements, toujours restés lettre morte. Nous aurions pu parler des lycées, du retard des investissements et des élèves qui suffoquent dans des salles surchauffées. Nous aurions pu parler de tout cela. L’exécutif a préféré débattre d’un nom.

L’identité d’un territoire, ce n’est pas son orthographe

Voilà l’idée que cette majorité se fait de l’urgence régionale : quand le climat s’emballe et que les établissements étouffent, on corrige l’orthographe. Mais l’identité d’un territoire ne tient pas dans un acronyme. Elle tient dans ses lycéens, ses paysages, ses emplois, ses conditions de vie. C’est cela qu’il fallait porter à l’ordre du jour. C’est précisément cela que l’exécutif a choisi de laisser de côté.