Quinze minutes. C’est le temps que la majorité régionale a réservé à l’examen de plus de quatre cents pages de rapports et de comptes rendus, c’est-à-dire à l’essentiel de son propre bilan. La brièveté du débat est déjà un aveu. Car pour qui prend le temps de lire ces documents, plusieurs passages méritent qu’on s’y arrête.
Des inégalités femmes-hommes constatées, jamais réduites
Le rapport sur l’égalité professionnelle est édifiant. Les femmes perçoivent en moyenne 6,7 % de rémunération de moins sur l’année, et occupent 82 % des temps partiels parmi les agents. Ces écarts se répètent, quasi inchangés, d’une année sur l’autre, assortis chaque fois des mêmes plans d’action. On dresse le constat, on le reconduit, on tourne la page. Mais recenser une inégalité n’a jamais suffi à la corriger.
Le « pouvoir d’achat des familles » à géométrie variable
Dans le rapport d’activité des services, la majorité se félicite d’avoir harmonisé les tarifs du transport scolaire « tout en veillant à préserver le pouvoir d’achat des familles ». L’autosatisfaction serait plus convaincante si cette harmonisation n’avait pas, dans le même mouvement, supprimé la gratuité dans cinq départements. Préserver le pouvoir d’achat en se mettant à facturer ceux qui ne payaient rien : la démonstration a ses limites.
Des caméras estampillées « développement durable »
Le rapport de développement durable réserve, lui, une ligne pour le moins inattendue : 7,8 millions d’euros consacrés à l’installation de 2 600 caméras de surveillance dans les lycées et les gares. Le tout classé, donc, au titre du développement durable. Le lien entre vidéosurveillance et transition écologique reste à démontrer.
Deux fois désavouée pour avoir instrumentalisé l’argent public
Le même rapport se félicite de soutenir, dans le cadre du CPER, la rénovation des bâtiments universitaires. L’affirmation résiste mal à l’examen. Après un différend avec l’Université Lyon 2, la Région a gelé les 9,9 millions d’euros qu’elle lui devait pour la bibliothèque La Ruche. La Chambre régionale des comptes a jugé ce blocage illégal et le versement obligatoire, et la préfecture a mis la collectivité en demeure de payer. À ce jour, la Région persiste pourtant à ne pas s’exécuter.